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I. Introduction au " Hassaniya ",
Le hassaniya est un dialecte, mais il est relativement pur ,
émaillé de quelques sons et mots berbères. Cette pureté relative
est sans doute liée au fait que ce dialecte est une langue de
nomades, Ce dialecte se parle par toutes les populations arabophones
de Mauritanie, du Sahara Occidental, voir de l'ouest du Mali,
du Sud ouest algérien et parfois du sud marocain (au delà de
l'Oued Draa). Il est unitaire, mais comporte des différences
minimes d'une région à l'autre. Cette petite méthode pratique
se propose d'aiser tous ceux qui désirent mieux connaître ces
pays et leurs habitants en sachant prononcer et comprendre quelques
mots de ce dialecte. Pour cela, l'étude s'oriente autour de
l'apprentissage de textes dans la mesure du possible contemporains
de contexte, auxquels on ajoute des explications sociales, grammaticales
et de vocabulaire.
II. Phonologie :
La langue arabe utilise 28 consonnes, donc beaucoup plus que
le Français ; en outre, le Hassaniya en utilise de nouvelles
et en confond d'autres. Il faut également savoir que la langue
arabe n'écrit pas les voyelles, qui sont au nombre de trois
en littéral ( a, ou, i ). Elles sont beaucoup plus nombreuses
en Hassaniya, et leur " réalisation " dépend surtout de leur
environnement consonantique.
Ainsi, une même voyelle arabe écrite n'aura pas toujours le
même son ; de plus, elles ne font pas partie du mot au même
titre que les consonnes. Le fatha, voyelle " ouverte " ó sera
pronnonçé a, é, è ou e. De plus, les voyelles ne font pas partie
du mot au même titre que les consonnes. Ainsi, elles n'auront
pas dans le mot une place immuable. Les déplacements des voyelles
ont pour fonction une meilleure prononciation des mots.
En somme, les mots ont une armature fixe, celle des consonnes
; sur cette armature, s'accrochent des voyelles, à des places
variables suivant les cas. Consonnes : b b français t t français
th " th " anglais de " thing ", pas d'équivalent français j
j français ; contrairement à d'autres parlers arabes, très rarement
" dj " h h très fortement expiré, " buée sur vitre " kh " jota
" espagnole, pas d'équivalent français d d français dh d zézayé
ou th anglais de " this ", pas d'équivalent français r r roulé
(toujours) z z français s s français sh ch français ç s emphatisé,
pas d'équivalent français d d emphatisé t t emphatisé dh dh
emphatisé ` " cri de chameau " gh r grasseyé (parisien) = non
roulé f f français v v français q k emphatisé g g dur (de guerre)
k k français l l français m m français n n français h h faiblement
expiré, dans équivalent français w " oua " y " ya " Remarques
sur le système de transcription des consonnes : Le système de
transcription retenu a privilégié la simplicité : il utilise
les associations de caractères couramment employés traditionellement
pour rendre des consonnes arabes sans équivalent français. Il
utilise donc les italiques lorsqu'il s'agit de sons transcrits
par deux caractères, afin de ne pas induire en erreur. De même,
de façon générale, lorsqu'il n'a pas été possible de trouver
un caractère pour différencier une consonne et son emphatique,
le son emphatisé est rendu par un soulignement. Remarques sur
les consonnes hassaniya : Le Hassaniya (à la différence de l'Arabe
littéral) crée des consonnes et en confond d'autres ; il ya
parfois des emprunts au Berbère ou au Wolof. Certaines consonnes
sont prononcées différemment du fait de " l'accent maure ".
Sans aller dans les sétails, voici quelques remarques pou s'y
repérer : - le " qâf " arabe est le plus souvent rendu par g.
- le " ghayn " arabe est parfois remplaçé par le son q. Bien
souvent, gh et q sont parfaitement interchangeables. - le "
fa " arabe est rendu parfois par f et parfois par v, cela dépend
des régions, des accents. Si bien que dans les textes qui suivront,
il faudra prendre en compte certaines possibilités de variations
des prononciations. La plupart du temps cependant, la variation
des prononciations ne gêne pas la compréhension. Voyelles :
a bref é bref è bref ouvert o bref u ou bref i bref e ouvert
â long ê long ouvert î long ô long û ou long Remarques sur les
voyelles hassaniya Les voyelles ne se transcrivent pas dans
l'écriture arabe. Il n'existe théoriquement que trois voyelles
courtes (a, ou, i)et trois voyelles longues en Arabe. La différenciation
entre longues et courtes est d'ailleurs indispensable pour la
bonne compréhension et la bonne prononciation de beaucoup de
mots. En Hassaniya, il existe beaucoup plus de voyelles dérivées,
en fait, des trois voyelles du littéral : longues : û î ô ê
â courtes : u i e o è é a D'autre part, la voyelle courte n'ayant
pas de réelle existence au même titre que la consonne dans le
langage, il est possible d'entendre parfois un ´é´ à la place
d'un ´a´ ou un ´è´ ou un ´e´ à la place d'un ´i´. Il ne faut
donc pas se formaliser des différences de voyelles qui peuvent
être rencontrées dans les textes suivants. Semi-consonnes :
Les trois " voyelles longues " du littéral se transcrivent en
écriture arabe par des consonnes spéciales, appelées " semi
consonnes ", au nombre de deux : le ´w´ et le ´y´. Ces deux
consonnes en fonction du contexte phonologique peuvent se prononcer
soit comme des consonnes, soient comme des voyelles longues,
ey correspondent ainsi à : w => û y => î Il est indispensable
d'avoir à l'esprit ces équivalences pour être en mesure de reconnaître
certaines racines de mots avec le mode de transcription retenu.
Diphtongues : Le Hassaniya utilise un grand nombre de diphtongues,
du fait, entre autres, de sa tendance généralisée à l'emploi
du diminutif. Dans le système de transcrition retenu, il a été
privilégié la simplicité, en accolant simplement voyelles et
semi consonnes : aw, ay, ôw, êw, êy, ei, etc..., pronocées comme
une " juxtaposition " des deux sons.
III. Salutations, politesse
A. texte
es salâm `aleikum la paix sur vous
`aleikum es salâm sur vous la paix
eyyak el kheyr ? il y a le bien ?
ella l kheyr, el hamdulillah seulement le bien, grâce à Dieu
eyyak mâ târi bâs ? il n'y a pas de nouvelles en mal ?
ma târi bâs el hamdulillah pas de nouvelles en mal, grâce à
Dieu
eyyak el `âvyé ? il ya la paix ?
ella l 'âvyé l hamdulillah seulement la paix, grâce à Dieu
el hamdulillah ! grâce à Dieu !
el hamdulillah grâce à Dieu !
B. texte
es salâm 'aleikum la paix sur vous
'aleikum es salâm u rahmatu llâh sur vous la paix et la miséricorde
de Dieu
eyyak la bâs ? ça va ? la bâs
el hamdulillah ça va grâce à Dieu
esh târi ? quoi de neuf ?
ella lkheyr el hamdulillah le bien seulement grâce à Dieu
ente menhu ? toi tu es qui ?
ana shaqqâl je suis ouvrier
u huwa ? et lui
huwwa mwelli shaqqâl il est aussi ouvrier
hâdha shenhu ? ça c'est quoi ?
hâdha muvtah c'est une clé
u dhak shenhu ? et ça c'est quoi?
dhâk mûs c'est un couteau
wedda'nak l mûlâna je t'ai confié à Notre Seigneur
wedda'nak l mûlâna je t'ai confié à Notre Seigneur
Explications
Les salutations commencent toujours par es salâm `aleikum, formule
d'arabe classique dit par l'arrivant, ou celui qui entre, qui
passe. Elles continuent par une série de questions mutuelles
sur l'état la santé. Elles se terminent par une action de grâce
à Dieu. Elles sont presque toujours suivies d'une question sur
les dernières nouvelles. On se quitte en se confiant mutuellement
à Dieu. Les formules de salutation sont très nombreuses, et
beaucoup sont tirées de l'Arabe classique, d'où leur prononciation
parfois particulière. Les formules de salutations sont très
nombreuses : certaines sont plus en usage dans telle ou telle
région. Seuls les vieux et les gens de la badiya prolongent
les salutations d'une façon qui nous semble démesurée ; les
jeunes ont tendance à les racourcir de plus en plus. (2 à 4
réponses). Ces salutaions sont rituelles, elles ne renseignent
jamais sur la réalité de la situation ; quelqu'un de malade
répondra ainsi la bâs el hamdulillah. En entrant quelque part,
au lieu de crier " holà il ya quelqu'un ? " on dit es salâm
`aleikum, très fort, quitte à le répéter. La multiplicité des
formules de contact permet d'expliquer l'usage de la répétition
du " ça va " français, vraiment très sec en comparaison.
Quelques mots de vocabulaire : salutations, politesse.
èssalâm `leikum la paix sur vous
`aleikum essalâm sur vous la paix
eyyâk lâ bês? est-ce qu'il n'y a pas de mal (à toi, m)?
eyyâk mâ waj`ak shî? est ce que rien ne te (m) fait mal?
esh hâlak? quelle est ta (m) santé (état)?
eyyâk mâ târi bês ? il n'ya rien de neuf en mal ?
eyyâk el `avye (es salâm) ? est -ce qu'il ya la paix ?
esh târi (ga`)? quoi de neuf (donc)?
ella lkhéyr le bien seulement al hamdu lillâh la louange à Dieu
ana esmi mohammed je m'appelle Mohammed
wunta? et toi (m)?
marhaba bienvenue, voire " content de te voir "
tfaddal je t'en prie
shukrân merci
lâ shukra `ala wâjib pas de quoi
isallmak (Dieu) te préserve : remerciement pour merci et s'il
te plaît
bismillâh au nom de Dieu (pour commencer une action)
aywa allons ! OK, ça va, ça suffit, donc, aussi, bon (interjection)
ikathther kheyrî u kheyrak Qu'il augmente mon bonheur et le
tien
wedda`tak lellâh je t'ai confié à Dieu
wedda`tak lmulâna je t'ai confié à Notre Seigneur
ma`a salâme au revoir
L'article
L'article en Hassaniya comme en Arabe est " al "ou " el ". Il
se prononce différemment suivant la lettre par laquelle commence
le mot. Lorsque cette lettre met en action la langue, le l de
l'article ne se prononce pas, et la première letrre du mot est
redoublée. Avec les autres lettres de l'alphabet, l'article
de prononce tantôt en el, tantôt en le, ou même parfois simplement
l. Les lettres de la premère catégorie sont : t, th, j, d,dh,
r, z, s, sh, ç, d, t, dh, l, n.
Ces lettres sont appelées " solaires ", parceque le mot arabe
" soleil " schems, commence par l'une d'elles. Les autres sont
appelées lunaires (lune : qamar) el + râjel mtîn > er râjel
mtîn l'homme est fort lemra daîfa la femme est faible er rajjêl
kèdhdhâbîn les hommes sont menteurs (n.b : ces phrases ne sont
que des exemples, à ne pas prendre au sens littéral... !) Pour
faciliter la prononciation l'article aura souvent tendance à
subir un déplacement de voyelles, spécialement pour un article
plaçé avant une consonne lunaire suivie d'une voyelle longue.
Pronoms personnels
anâ je
enta tu (m)
enti tu (f)
huwa il
hiya elle
ehna nous (m) (dans certaines régions (Sud Est : nahna)
ehnâti nous (f)
entuma vous (m)
entumâti vous (f)
huma ils
humâti elles
Pronoms affixes
L'arabe utilise très souvent des des pronoms affixés en fins
de mots. Ces mots peuvent être des noms (ktâbi, mon livre),
des verbes (a`tinî, donne-moi), des conjonctions (eyyâk, est-ce
que tu), des prépositions (`andî, lî, chez moi, à moi = j'ai).
exemple: ktâb = livre. ktâbî, ktâbak, ktâbik, ktâbna, ktâbkum,
ktâbhum
esmî mon nom
esmak ton nom
(m) esmik ton nom (f)
esmu son nom (m)
esmha son nom (f)²
esmna notre nom
esmkum votre nom
esmhum leur nom
C. texte
èssalâm `leikum - la paix sur vous
`leikum essalâm - sur vous la paix
eyyâk lâ bês ? esh hâlak ? -quel est ton état? -Est ce qu'il
n'y a pas de mal?
lâ bês lhamdu lillâh. eyyâk lâ bès `likum?- - Pas de mal sur
vous? -pas de mal, la louange à Dieu
esh târi mèn lakhbâr? - quoi de neuf en fait de nouvelles?
ella lkhéyr alhamdu lillâh. alhamdu lillâh - Seulement le bien,
grâce à Dieu - Louange à Dieu
entuma mènéyen jâyîn? jâyîn mèn lmukhayémât - D'où venez vous
? - nous venons des campements
esh târi fi lmukhayèmât ? ella lkheyr èlhamdu lillâh. u entûma,
akhbarkum? - quoi de neuf aux campements? -seulement le bien,
grâce à Dieu. Et vous, vos nouvelles ?
réytu shi târi ? gâysîn ed deshra -avez vous vu quelque chose
de neuf? - nous partons à la ville
ella lkhèyr elhamdu lillah aywa! wedda`tkum lillâh -seulement
le bien, grâce à Dieu -Bon ! Je vous ai confié à Dieu!
wedda`nak lmulâna - nous t'avons confié à Notre Seigneur .
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